mercredi 11 août 2010

Le Kaizen, le système américain et le Poker

Le Kaizen est plus une philosophie qu’une méthode d’Amélioration Continue. Utilisée en Entreprise, elle fût l’arme fatale de l’industrie automobile Japonaise contre son homologue Américain General Motors qui lui prônait des méthodes d’amélioration par percée. Là où nos collègues de Detroit gérait le progrès en s’engageant sur un résultat SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporisé), les Japonais eux se contentait de définir et de mettre en place le Kaizen. Le Kaizen est une amélioration simple et lente, immuable en ce sens là qu’elle ne s’arrête jamais. Mais surtout pas temporisé ni associée à des objectifs. Lorsqu’on demandait à un directeur d’usine disciple de Shingo quand est-ce qu’il atteindrait la vision industrielle qu’il s’était fixée, il répondait qu’il n’en savait rien, que cela n’arriverait peut être pas sous son « mandat », mais qu’il est évident que Toyota deviendrait à terme meilleur que General Motors. Les Japonais ont une visualisation complètement différente du temps, pour eux seul le moment présent existe et ce qui compte est ce que l’on fait tous les jours, nous occidentaux aimons nous situer sur une ligne droite avec une flèche matérialisant le passé, le présent et le futur. Le résultat a été évidemment dramatiquement en faveur des Japonais et toutes les industries modernes actuelles ont fait du Kaizen une approche systématique voire systémique.

Si on applique cela au poker, en tant qu’occidental il m’est beaucoup plus facile de me motiver en me disant qu’en décembre je jouerai à 10/20 en Live qu’en me demandant tous les jours ce que j’ai modifié dans mon jeu et qui contribue à ma progression. Après mûre réflexion je pense que je me fourvoie et que la clé est belle est bien de se soucier uniquement de ses progrès plutôt que de ses résultats…

Certes, voir sa bankroll fondre comme neige au soleil et se dire que l’on a appris énormément est paradoxale voire très inquiétant. Ce n’est finalement juste qu’une question d’objectif… Le mois dernier je suis monté à Paris pour faire un peu de cash, je me suis retrouvé avec une tonne de pros à ma table et j’ai vite compris que mon niveau était trop faible pour espérer repartir avec des gains conséquents. Finalement je suis resté à table, ai perdu des sommes importantes mais ai récupéré aussi des questions sur la façon de jouer, des interrogations qui soumises à mes amis m’ont fait progresser ou du moins toucher du doigt des concepts qui m’étaient inconnus.

Pratiquement, comment vais-je travailler mon poker ?

J’ai toujours été en faveur du pilotage visuel en entreprise. Cette approche ultra simple recense :
• Une fixation d’indicateurs éventuellement assortis d’objectif (Japonais ou Américains) = Leading indicators = indicateurs directement liés au résultat
• Des indicateurs ou constats ou remarques ou questions visant à améliorer tout ou partie du processus poker mais pas forcément sur le court terme = Lagging indicators = indicateurs de moyen

Plus clairement voici une photo de mon cher tableau placé stratégiquement dans ma cuisine.


La première partie affiche les résultats bruts : gain ou perte/type de table/cumul. L’objectif est ce que les Américains appellent « Facing to the brutal facts » : en clair afficher sans détours les résultats même s’ils sont mauvais. J’y associe mentalement une espèce de « Drill » qui consiste à voir tous les jours mes résultats et à les assumer : je joue bien/je joue mal/je perds car j’ai fait des sessions dites « apprenantes » et que j’en assume les pertes.

Les autres parties plus qualificatives englobent les points positifs et négatifs de mon jeu. A titre d’exemple on trouve le 3bet hors de position après un limp qui permettra de moins subir le déficit de position. On voit aussi la classique précipitation de début de partie provenant de la démoniaque envie de jouer au poker et qui me pousse souvent à faire des moves inconsidérés en début de session.

La partie question liste les interrogations sans réponses : une main en particulier ou un thème.

Enfin les leçons du mois sont les réelles progressions dans mon jeu et ce que je veux ancrer comme amélioration.
Ce tableau doit être animé, chose que je fais avec mon groupe de travail poker en repassant toutes les rubriques et en travaillant avec eux sur les questions et les leçons du mois.

Suis-je Japonais ou Américains ? Mon côté occidental me ferait plus pencher pour un Californien mais force est de constater que ce qui me fait progresser est une somme de petites leçons journalières et de petites actions travaillées au cours de mes sessions et certes pas la vision d’une belle courbe bankrollienne ascendante.

En tout cas je pense avoir trouvé une méthode simple de progresser…

Keep Going.

PS
Oui il faut changer la tapisserie de ma cuisine mais je ne suis pas bricoleur. Wtf !!

mercredi 4 août 2010

Essaouira



Trip sportif à Essaouira au Maroc!
Bientôt 2 semaines que je n'ai pas touché une carte, mais je ne le regrette pas..

Essaouira est sur la côte Atlantique, environ à la même latitude que Marrakech, lieu de villégiature des Marocains mais surtout temple du kite et du windsurf. 27 jours de vent par mois. Enfin paraît-il ! Premier bad beat avec une semaine de pétole pure, vent force 2 maximum puis semaine musculation gratuite avec force 5.. Pour ceux qui n'ont pas idée que ce que force 5 veut dire, en gros il est impossible de rester sur la plage pour bronzer, les casquettes s'envolent, les fumeurs voulant allumer une cigarette doivent se munir d'un lance flamme...

Première phase dans les bars étagés en terrasse où le mojito est roi, musique latino-house par les DJ locaux la plupart du temps accompagné par un jumbé (à la Nebat Drums pour les intimes).


J'ai pu ensuite m'arracher les mains sur le wishbone avec un vent à décorner les boeufs :



Ahh vacances quand tu nous tiens..