vendredi 30 avril 2010

La dépression du poker ?



Pour reprendre les mots de Darshanfish, la protégée du site limpers :
« Si vous devez vous échapper du poker. Sortez faire une promenade. Prenez des vacances. Allez au cinéma voir un film (pas Rounders). Il n'y a pas que le poker dans la vie. Prenez du temps libre, quitte à définir une période, un nombre de jours ou mieux, de semaines précis pendant laquelle vous resterez à l'écart du poker. Ouvrez de nouvelles perspectives sur votre vie. »

L’article complet est là : http://www.limpers.com/blogs/darshanfish/1196-quoi-de-neuf-docteur.html

Je ne sais pas si j’ai atteint les abysses de la dépression, mais en tout cas je n’ai plus envie. Plus envie de me poser à une table, plus envie de supporter les inévitables racontars sur les bad beats, plus envie d’entendre les « Eh il est là papa » d’un joueur de roulette qui vient de vous infliger un 2%.. Je crois que j’ai besoin de vacances du poker.. Faire de la planche à voile, voir la mer..

Mais je suis quand même aller jouer mardi à Divonne. Session classique là bas avec un jeu très agressif. Ca part all in preflop très souvent, rare de voir la river sans personne à tapis. En tout cas, bon environnement pour gagner un peu d’argent même si la variance est énorme. Début de session difficile, j’ai de bonnes mains préflop mais je ne me connecte pas et impossible de bluffer mes amis gamblers.
Je descends bas, puis me retrouve à 700€ après cette main :

KJ de carreau en Big Blinde. Mon ami gambler (qui relance 100% des pots preflop entre 15 et 35€), relance à 35. Suivi 2 fois par des joueurs larges. Je suis. Le pot est environ à 140€. Flop QQK rainbow. Je checke : gambler mise 100, les autres se couchent. Ce qui est marrant avec gambler, c’est qu’il mise 100 quand il n’a rien et mise 50 quand il a quelque chose. Cela fait plus de 2h que j’observe son manège. Donc je suis calmement. Turn : 5 qui donne un tirage couleur. Il reste 200€ à gambler. Je pars donc pour un check raise. Je checke, il mise 100, je relance à 200 et il paie. Il me dit il me faut un dix. River anodine et il me montre J9 dépareillés.. Superbe. Je suis deux ou trois coups et en ai marre de jouer, il est 22h30 et je rentre en ayant gagné 2€ !!! Même pas le prix de la tarte du jour.

Hier, je change un peu et pars à St Julien. Aucun régulier. Parfait pour moi. Il n’y a que des joueurs serrés et timides qui ne relancent que maximum à 14€ (blindes 2/4) ou des joueurs passifs qui ne relancent pas mais suivent tout !! Bref, le paradis du joueur, peu de risque, peu de variance. Sauf que je viens de passer un mois dans les environnements ultra agressifs et j’oublie que le bluff existe. Et les joueurs serrés et timides sont des proies parfaites. Bref, je perds de nombreuses occasions et a posteriori, je m’en veux..

Je fini à -60€ après un bad beat à 250€ où j’ai les As en mains, relancés suivi par AT dépareillés d’un joueur passif qui ne lâchera pas sa ventrale sur le flop et qui tombera sur la river. Mais je ne plains pas trop de ce coup…

J’ai simplement joué au poker en ayant perdu la foi et donc en étant moins attentif..

lundi 26 avril 2010

De la variance..


Il y a quelques mois à Evian, Isabelle MERCIER touche les mains d’un de mes amis, alors assis à une table de cash game. Lui, amusé, la regarde d’un air interrogateur. Et elle lui dit, « Donnez moi un peu de chance, j’en ai besoin pour le tournoi cet après-midi ».. Curieux non ? Un pro n’a pas besoin de chance. Il joue sur le long terme et adopte une attitude et un style de jeu qui justement ne le font pas se focaliser sur l’instant présent..

Oui mais..

Parfois, il faut avouer que cette « chance » que j’appellerai « Variance » est extrêmement déroutante. Samedi matin, je joue au poker sur internet : cash game. Assez vite je touche un brelan de 8 sur un flop anodin mais avec tirage couleur possible. Très rapidement je pars à tapis suivi par un autre joueur qui a brelan de 7. Le turn apportera un autre 7 qui lui fera carré. « Pas grave, cela arrive et arrivera encore » me dis-je à moi-même, tel Confucius parlant à ses disciples.. Peu de temps après, je fais couleur max au flop, et je pars all-in avec un joueur fantasque qui peut me faire un full.. Et bien il me fera quinte flush sur la river (une seule carte pouvait le sauver). Agacé, je perds une autre cave avant de me rendre compte de mon état et d’arrêter les frais.

Samedi 16h, je suis à Uriage pour une session de cash game live. Table très agressive, le pot moyen est de 230€, autant dire qu’avec des blindes à 2/4 et une cave maximum à 500€, « ca envoie du lourd ».. Je touche AJ de carreau au Cut-off, je relance à 26 dans un pot avec 4 limpers. Je suis suivi par le bouton. La petite blinde envoie tapis à 78, les limpers se couchent. La petite blinde est un joueur inexpérimenté qui est visiblement agacé par le style de la table bien trop agressif pour lui. Son éventail de main est à mon sens important : 22+/AT+. J’ai 52 à rajouter, je les mets. Le bouton les rajoute aussi. Flop Jxx sans tirage spécifique. Je vois mon bouton tripoter ses jetons, je sais qu’il va miser. Que peut-il avoir ? J’élimine AA/KK/QQ/JJ car sinon il m’aurait sur relancé. En effet, par deux fois il pouvait le faire. Je le mets donc sur AT+ ou KQ/KJ ou sur une paire servie de 2 à 10.. Sur ce flop, il a donc brelan, le J ou rien. Avec brelan, il ne miserait pas. Donc j’élimine cette possibilité. Bref, je suis devant et checke pour le relancer ensuite. Il mise 100 dans un pot de 240€, je relance à tapis à 350€, il paie immédiatement et montre QQ..

Arrrg ! mauvais lecture ou bien joué de sa part.. L’autre joueur à tapis montre AJ de pique. Merde alors, on a la même main ! Et le turn apportera le dernier valet du paquet, ce qui fera tilter complètement le bouton.

2 beaux exemples de variance dans les deux sens..

Sinon du point de vue des résultats, Week-end très moyen avec une session à +550 mais une autre à -420. Très déçu de cette deuxième, où j’ai bien joué au début et était largement gagnant mais ai fait n’importe quoi après le repas du soir. Je joue trop en ce moment et je n’arrive pas à maintenir mon attention et mon discernement intacts.